Criquets, Dahalo, Cyclone, Kéré : le secteur agricole est mal en point.

L’année 2014 et le début de cette année 2015 ont été une période forte en tourments pour le secteur agricole. Vol de gros bétails, invasion de criquets, inondation par les cyclones et maintenant le Kéré, qui continue encore sa marche tueuse, se sont vus succédés aggravant une fois de plus l’insécurité alimentaire sévissant le pays déjà des lustres. Considérant l’importance dans l’échiquier économique de ce secteur, gravement atteint, employant près de 80% de la population active, des impacts sévères sur le social de la masse populaire seront à observer.

Impuissance ou irresponsabilité des instances dirigeantes ? Là n’est pas le débat car nous sommes déjà devant les faits accomplis. Depuis toujours, l’on sait que Madagascar est sujet à des cyclones tous les ans (et il faut s’attendre à des forces graduelles avec le changement climatique) ; au Kéré tous les deux ans ; aux invasions acridiennes tous les 3 à 4 ans et au vol de zébus, qui est devenu le quotidien des habitants du grand Sud ; et pourquoi n’est-on jamais arrivé à les maîtriser ou au moins réduire leurs impacts ? Force est de constater qu’à chaque péripétie politique, ces catastrophes semblent avoir plus d’ampleur que d’habitude. A quand serons-nous au-dessus de tout cela ?
Analysons les faits. Bien que le cyclone soit un phénomène naturel auquel nous ne pouvons que subir sa force destructrice, il est toutefois difficile à admettre qu’à chaque période cyclonique, des dizaines de milliers de rizières se retrouvent régulièrement sous les eaux. Cela montre une déficience majeure dans nos systèmes de drainage et d’irrigation. Petite statistique pour illustrer : après le passage du cyclone Chedza, l’on a recensé plus de 10 000 ha de rizières inondées. Faisons alors le calcul : à raison d’une production moyenne de 2tonnes/ha, on avait donc perdu quelques 20 000t de riz. Quel gâchis !
Pour ce qui est des impacts des criquets et du phénomène « dahalo », les statistiques sont plus qu’inquiétantes : des milliers d’ha de cultures réduits à néant, des milliers de zébus disparus de la carte,…. Et bien plus encore ; bref, des statistiques qui font mal à la tête.
Mais ce qui nous a marqué l’esprit depuis quelques temps est bien évidemment le Kéré dans le Sud. Méconnu du grand public que seulement depuis les années 1990 (exactement 1992), le Kéré est vécu par la population du grand Sud déjà dès les années 30, et oui 1930. Quel comble ! Situation de grande famine suite à une extrême sécheresse, le Kéré menace actuellement près de 200 000 personnes, hormis les constatations de perte en vie humaine. Les régions sujettes à ce fléau sont l’Androy et l’Anosy. Depuis tout ce temps, n’avons-nous pas trouvé les solutions pour mettre fin à ce fléau, ou devra-t-on attendre indéfiniment les aides étrangères ? La région Sud-est et une partie de l’Anosy sont réputées riches en réseaux hydrographiques ; pourquoi ne pas les exploiter pour arroser la région Androy via des pipelines ? Qu’en est-il du système d’irrigation par goutte à goutte ? Tout cela est déjà utilisé dans le désert de Sahara, et pourquoi cela ne marcherait pas chez nous ? A chaque problème sa solution, mais faut-il juste piocher la bonne et faire preuve de volonté.

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