Les maux de l’agriculture malgache

Quand on parle de développement rural à Madagascar, en particulier d’Agriculture, on revient toujours à la même question paradoxale : nous vivons dans un pays à vocation agricole, nous sommes à 80 % paysans, alors pourquoi sommes nous si mal nourris et sous-alimentés ? Est-ce peut être une malédiction ? Je ne crois pas. Il y a quelque part des maux auxquels nous n’avons pas prêté attention ou qu’on a longtemps sous-évalués.

A travers cet article, nous allons essayer d’analyser 5 grands freins au développement de l’Agriculture à Madagascar.

corpsEn premier lieu, la responsabilité qui incombe à l’Etat. En plus de l’instabilité politique cyclique qui perturbe l’avancement global des grands programmes de l’Etat, il faut reconnaître que depuis des années, nous n’avons pas eu de vraie politique agricole à proprement parler. Le MAP (Madagascar Action Plan) de 2007-2012 a été la seule de toutes, bien mise au point marquant un début d’une véritable révolution agricole à Madagascar, mais toujours à cause de la politique, cela n’a pas abouti. Il faut noter que le MAP a été un programme complet, si l’on ne parle que du volet Agriculture, puisque toute la chaîne agricole y a été étudiée minutieusement avec des objectifs réalistes. Continuer la mise en œuvre du MAP ou établir un programme similaire plus axé sur une politique de marché serait très appréciée pour rehausser le secteur agricole malgache. Outre la politique, vient le foncier.
En 2005, seuls 10% des paysans possèdent des titres de propriétés. C’est un grand handicap pour l’exploitation des terres car terres sans titre = exploitation illicite. Par ce fait, l’adage « paysans sans terre » se confirme. A quoi bon d’être qualifié paysan si l’on ne possède même pas de terrain pour cultiver ? Vient après la microfinance.
En milieu rural, les paysans sont réticents quant à l’emprunt de crédit auprès des institutions de microfinance. En effet, les taux d’intérêt qu’on leur impose sont trop élevés et des fois, ils sont même victimes d’extorsion.
En quatrième lieur se trouve la technicité. A l’heure actuelle, notre production moyenne rizicole est d’environ de 2t/ha, contre 24t/ha en Chine et Thaïlande. Pourquoi ? Les paysans s’accrochent encore aux pratiques empiriques. Ce n’est pas vraiment de leur faute mais les raisons sont : peut être que la vulgarisation des techniques modernes (SRI, SRA) n’est pas encore arrivée à leur niveau, ou peut être aussi que ces techniques même ne les convainquent pas du tout faute de démonstration, faute d’adaptabilité ou que c’est trop budgétivore pour eux.
En dernier lieu, le frein au développement relève du paysan lui-même. La plupart de nos paysans n’ont pas ce qu’on appelle culture entrepreneuriale. Ils cultivent ou font de l’élevage, seulement pour leurs comptes, or il faut toujours raisonner en termes de profit, c’est-à-dire produire aussi pour les autres. D’autant plus que cela stimule l’économie. Avoir recours au crédit devrait être aussi des pratiques courantes pour les paysans.
Voilà, tout a été dit. Cette liste n’est pas exhaustive mais résume en partie les principaux points à résoudre pour un réel essor du secteur Agriculture. Que chacun y porte réflexion !

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