Il y a paysan et paysan

D’après la définition apportée par Le Robert (2005), le terme « paysan » désigne tout homme ou femme vivant à la campagne du travail de la terre. Ainsi, en référence à cette définition, les agriculteurs (cultivateurs et éleveurs) sont en principe des paysans.

Or, dans le cadre légal, le statut de paysan (agriculteur) ne reste pas au simple stade qualificatif mais c’est vraiment un statut professionnel. Plus clairement, c’est un métier. C’est à ce niveau que se souvent se trouve l’ambiguïté. Pourquoi ? Parce que si tel est le cas, la loi stipule que toute activité professionnelle génératrice de revenu doit être assujettie à un impôt. La question qui tracasse est donc ceci : devrait-on faire payer des impôts aux paysans ? Répondre à cette question, c’est toucher à un sujet sensible, donc nous non plus, nous n’aborderons pas les discussions. Par ailleurs, ce qui est sur, c’est qu’il y a évasion fiscale constatée.
Mais le point sur lequel nous voudrions porter attention est que : dans cet immense groupe de personnes que l’on englobe sous le terme paysan « tantsaha », règne une grande hétérogénéité. En effet, comme nous avons souligné dans le titre, il y a paysan et paysan. Si l’on essaierait de faire une ébauche d’étude typologique des paysans Malagasy, on constaterait qu’il y a 4 groupes distincts de paysans : les super-paysans, les paysans professionnels, les paysans ordinaires et les pseudo-paysans. Pour en arriver à une telle catégorisation, les critères de distinctions étaient : la possession de terres, le mode de faire-valoir, le capital, les systèmes de production, le revenu agricole et le revenu extra-agricole. Le tableau suivant résume en partie ces différents groupes :

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Il est ainsi confirmé que les paysans Malagasy sont hétéroclites. La plupart de nos paysans sont classés dans la catégorie « pseudo –paysans » (> 60%) regroupant des paysans qui n’arrivent pas à se subvenir tout seul et d’autres sont même limite-pauvres, pas de vrais paysans. Par contre, d’autres paysans, notamment les super-paysans jouissent du statut de paysans (exonérés d’impôts faut de statut professionnel : NIF, Stat, pas de fiche de paie, pas de tenue de comptabilité,…), or ils manipulent des chiffres d’affaires pouvant grimper jusqu’à 2 milliards d’ariary/an (bien plus que certaines grandes sociétés).
Pour finir, il serait temps de statuer clairement et légalement le cadre paysan, à l’instar de la loi 2004-036 codifiant le statut des commerçants.

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